Bilan de mon expérience dans un refuge canin
Dans mon parcours pour créer le complexe canin Temple Fort qui, pour rappel, sera composé d’un parc de loisirs pour chiens ainsi que d’une pension canine haut de gamme, j’ai souhaité renforcer mon expérience avec les chiens. Une des premières étapes a été de travailler dans un refuge canin dans le cadre d’un contrat en service civique. Dans cet article, je vous partage le bilan de cette expérience en toute transparence.
Une journée type
Dans ce refuge nous étions une petite équipe de 6 pour s’occuper d’une cinquantaine de chiens. Notre planning tournait d’une semaine à l’autre et nous étions entre 3 à 4 à travailler les mêmes jours.
Une journée type débutait par promener tous les chiens du refuge pendant qu’une personne était en charge de nettoyer les chenils. Pour sortir tous les chiens, et avoir le temps de bien nettoyer tous les chenils, il nous fallait généralement toute la matinée. L’après-midi les chiens étaient ressortis une seconde fois pendant qu’une personne préparait toutes les gamelles (qui étaient distribuées au retour des balades). Ensuite nous nous occupions des chiens qui en avaient besoin comme pour les brosser, les laver, leur administrer un traitement aux yeux par exemple, ou pour tout simplement aller jouer avec eux, les éduquer et en apprendre plus sur eux et leur comportement. Il fallait également entretenir les locaux et réaliser des tâches ménagères comme s’occuper des espaces verts, nettoyer le parc de détente, etc.
Les journées étaient agrémentées par des visites de potentiels futurs adoptants, des nouveaux chiens qui entraient au refuge mais aussi des départs de loulous dans des nouvelles familles. Il y avait également plein de situations à gérer quotidiennement comme un chien qui s’enfuit, un chien malade, un chien errant trouvé, un autre méfiant et instable, etc. L’adaptabilité et la compréhension du comportement des chiens et de leurs besoins sont très importants à avoir.
Une bonne maîtrise de son sujet
Être agent animalier dans un refuge canin, c’est rencontrer de nombreux chiens avec des caractères tous différents. Les chiens présents dans le refuge ont soit été saisis pour maltraitance, soit été trouvés errants (mais jamais réclamés malgré les annonces diffusées) ou alors abandonnés délibérément. Dans chacun des cas, nous ne connaissons rien d’eux, ni leur comportement ni leur passé : on le découvre au fur et à mesure. Beaucoup d’entre eux sont peureux ou réactifs, voire même agressifs, envers leurs congénères et/ou envers les humains. Il faut savoir gérer les chiens dans ces moments-là, prévenir des potentielles morsures et éviter de renforcer des troubles du comportement qu’ils peuvent avoir. Lors de cette expérience, j’ai souhaité être au maximum auprès des chiens les plus difficiles et instables pour apprendre.
À l’heure où je rédige cet article, je n’ai pas encore suivi ma formation d’éducateur et comportementaliste canin cependant j’ai tout de même de solides connaissances, même s’il me reste encore des choses à apprendre évidemment. Ces connaissances m’ont permis de gérer plusieurs de ces situations alors que certaines étaient particulièrement délicates.
S’occuper des chiens
S’occuper des chiens d’un refuge ce n’est pas « simplement » les emmener en balade, les nourrir et nettoyer leur chenil. C’est découvrir petit à petit qui ils sont, découvrir ce qu’ils aiment ou au contraire ce qu’ils n’aiment pas comme par exemple la brosse, l’eau, se faire manipuler les oreilles ou encore la queue ou les pattes. C’est là qu’un travail de désensibilisation va s’instaurer. Petit à petit et quotidiennement, des petits exercices sont mis en place pour aider les chiens à ne plus avoir peur d’un objet ou d’une situation. S’occuper des chiens d’un refuge c’est aussi devoir faire face aux traumatismes que certains peuvent avoir et devoir s’adapter tout en essayant, comme toujours, de les aider à guérir et à aller mieux pour faciliter leur adoption.
C’est également respecter leurs besoins le plus possible. Malheureusement avec une cinquantaine de chiens, c’est sûr que les dépenses physiques et mentales ne sont absolument pas les mêmes au refuge que s’ils étaient dans un foyer aimant. Lorsque je travaillais au refuge, je mettais en place des séances d’enrichissement au moment du repas. J’intégrais les croquettes directement dans les jouets à disposition dans le chenil des chiens, avec des niveaux de difficultés plus ou moins élevés.
Zoom sur les missions d’entretien
Comme lorsque je serais aux commandes de Temple Fort, il y avait des missions d’entretiens des locaux à réaliser. Nous étions plusieurs néanmoins mais cela ramène à une réalité : gérer un parc de loisirs canin, ou une pension canine, ce n’est pas seulement de l’administratif et être avec les chiens, c’est aussi beaucoup d’entretien de locaux ! J’avais déjà entièrement conscience de cela mais il me semble nécessaire de zoomer sur ce point. L’entretien des locaux concerne à la fois l’intérieur et l’extérieur des bâtiments.
Pour l’entretien intérieur nous allons retrouver par exemple :
– la vaisselle des gamelles et divers ustensiles,
– le stockage des croquettes et friandises,
– l’organisation et le rangement des locaux,
– le ménage des sols, des tables, des couvertures, etc.
– l’entretien des chenils intérieurs (sols, murs, niches, gamelle d’eau, etc.)
Pour l’entretien extérieur nous allons retrouver par exemple :
– entretien des espaces verts (tonte d’herbe, taille des haies, mauvaises herbes, etc.),
– entretien des piscines et accessoires à disposition des chiens,
– diverses réparations (tuyaux d’arrosage, gouttières, clôtures, etc.),
– enfin, l’entretien des chenils extérieurs (sols, murs, niches, gamelle d’eau, etc.)
Gestion des émotions
Travailler avec des chiens c’est aussi savoir gérer ses émotions : ils sont de véritables éponges ! Notre communication non verbale est extrêmement importante et si elle n’est pas maîtrisée, des accidents peuvent vite arriver surtout lorsque nous sommes avec des chiens imprévisibles. Pour les éviter, il faut notamment laisser ses problèmes personnels, la fatigue ou même la mauvaise humeur derrière la porte du refuge lorsque l’on arrive le matin.
Il faut également gérer ses émotions face à la cruauté humaine bien que, parfois, ce soit particulièrement difficile. Ce n’était pas tous les jours tout rose et il faut avoir conscience de cela. J’ajouterais même qu’il est important de pouvoir se protéger psychologiquement face à certaines choses que l’on peut voir.
Travailler dans un refuge c’est aussi voir naître de belles histoires d’amour entre les chiens et les familles, ainsi que d’avoir des nouvelles d’anciens pensionnaires pour qui tout se passe merveilleusement bien.
J’ai travaillé activement à l’entretien et à la vie du refuge auprès de chiens parfois très difficiles. J’ai créé des liens très forts avec eux et c’est une expérience que je recommande vivement. Cela peut très bien se faire avant de créer son entreprise canine ou pourquoi pas pendant en tant que bénévole par exemple. L’expérience est très enrichissante sur différents plans : on y voit comment entretenir un refuge, comment gérer les chiens et les aider à évoluer et avoir confiance, ou encore des évènements qui peuvent être organisés comme des portes ouvertes.